samedi 18 mars 2017

Camille, coiffeur à Valence

Petit retour en arrière sur l'exposition 1914-1918 à Valence d'Agen (82) à l'automne 2014 - J'avais réalisé plusieurs planches  relatant le parcours de soldats, grâce notamment aux familles et amis qui nous ont fourni les photos et documents. Voici donc le parcours de :

 
1915
1961
FLORIS Pierre CAMILLE
1883  -  1967
Caporal


 
Pierre Camille FLORIS, dit Camille, est né à Lavardac dans le Lot & Garonne le 22 mars 1883, dernier enfant de Barthélémy, 44 ans,  maçon et d’Anne MOREAU, 40 ans,  son épouse.

 
 
 
Orphelin très tôt, il fait son service armé dans le 20e Régiment d’Infanterie  entre 1904 et 1907.  Il est Caporal.
Mobilisé le 2 août 1914, il est dirigé vers le 80e Régiment d’Infanterie (Narbonne) le 14 août suivant.
C’est en Lorraine que le 80e participe à ses premiers combats. Le régiment y perdra ses premiers hommes dès le 15 août.

A l’automne,  il est envoyé dans les Flandres. C’est lors des combats de Wytschaëte en Belgique que Camille FLORIS est blessé, le 16 novembre 1914. Il sera évacué à Dreux deux jours plus tard. Les violents combats qui auront lieu dans ce secteur feront de nombreuses victimes comme en témoignent les longues listes de tués/blessés/disparus figurant sur les JMO (Journaux de Marches et Opérations) du Régiment.


Le 19 mars 1915, Camille FLORIS est affecté au 143e Régiment d’Infanterie.



Photo A - Recto
A gauche, Camille FLORIS
(photo non datée)

Photo A -Verso


Le Régiment est en Champagne.
Le caporal commande une escouade de 15 soldats
C’est la plus petite unité d’un régiment.
Hors combat, la vie militaire s’organise
Autour des travaux de tranchées, De la « popote »
La lessive, l’organisation du campement. & les lettres à la famille, aux amis.
Pour certains, c’est un devoir d’écrire quotidiennement afin de rassurer ses proches


 
Dans le civil Camille FLORIS est coiffeur


Photo B - Recto
Photo B - Verso

 
























 
Photo C - Recto (avril 1915)














Photo C - Verso















Photo D (mai 1915)


Photo D - Verso



C’est dans les tranchées, près de Tahure dans la Marne que Camille FLORIS se distingue par son courage et est cité une première fois à l’ordre du Régiment le 20 Octobre 1915.


Grièvement blessé il sera à nouveau cité à l’ordre du Régiment un mois plus tard
le 20 novembre 1915.

Extrait fiche matricule

 
Le 1er  novembre 1915 il est grièvement blessé par un éclat d’obus dans la poitrine, il est évacué sur Paris le 12 novembre. Réformé le 10 juillet 1916 pour cette blessure et les complications qui en découleront, il ne retournera plus au front et se retire à son domicile parisien, au 76 rue Sidonie (11e) le 21 octobre 1917.
 
Récapitulatif parcours
 
L’après – Guerre

Les documents, état-civil, attestations diverses, fiche matricule, nous permettent de retrouver plusieurs évènements et domiciliations. 3 mariages à Paris, en 1909, 1916 et 1929 (mentions acte de naissance) et deux déclarations à la subdivision d’Annecy, domicilié à proximité en 1919 et 1920.
(Fiche matricule)
 
Le 8 janvier 1920, la Commission de Réforme d’Annecy, lui propose une pension à 40%. Par arrêté en date du 23 février 1922,  il lui sera concédé la somme de 972 F (annuelle) avec jouissance au 8 janvier 1920.  (Fiche matricule).  Camille FLORIS souffrira de graves problèmes pulmonaires consécutifs à sa blessure thoracique tout au long de sa vie. (Pension temporaire à 100%  par arrêté du 22 juin 1953 document Conseil de Révision de Toulouse)
 

 
15 ans après ses deux citations et sa blessure, le 2 mai 1930, il obtient la Médaille Militaire avec  2 étoiles d’Argent (une pour chaque citation à l’ordre du Régiment).

1914-1915

 
 
45 ans après avoir quitté les champs de bataille, en mars 1960,  Camille FLORIS est promu Chevalier de la Légion d’Honneur.
La palme d’argent qui figure sous les étoiles, correspond à une citation à l’ordre de l’Armée, obligatoire à cette nouvelle promotion.
 
 


*****************


Pierre Camille FLORIS est décédé le 15 décembre 1967 à Valence, à l’âge de 84 ans


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A
Tous ces hommes qui,  revenus de l’enfer,  ont témoigné
A
Ceux, plus nombreux encore  qui,  faute de mots,
ont témoigné par leur douloureux silence
Pour que l’on n’oublie pas.
Leurs compagnons disparus




Sources : L'ensemble des documents présentés (photos, certificats, médaille) sont le prêt de la famille Mise en page originale (affiche)  avec l'aide de Bernard GROUSSOU



Affiches originales exposées en 2014




 
 
 

jeudi 30 juin 2016

Z comme Zéphyr

Le Zéphyr est le surnom du soldat du 2e Bataillon d'Infanterie Légère d'Afrique,

Chaque bataillonnaire avait donc son surnom. les Flores (1er) les Zéphyrs (2e) les Chardonnets (3e) Les Joyeux (4e et 5e). Joyeux et Zéphyrs seront les plus utilisés avant que Joyeux ne devienne le seul surnom de ces soldats.

Nous avons déjà rencontré ces Joyeux le 11 juin dernier.

Ce challenge ce termine et je suis ravie d'avoir pu partager avec vous mes découvertes. Nom, surnom, argot du soldat. Vous ne verrez plus le 2e classe et son Caporal de la même façon en regardant la photo de votre aïeul, en parcourant sa fiche matricule ou en complétant les fiches d'un autre challenge #1J1P.



Je vous ai aussi fait partager quelques mots argotiques du langage des tranchées. Je ne sais pas vous mais moi j'y ai retrouvé de nombreux mots (certains sont à proscrire aujourd'hui, heureusement) encore utilisés dans l'argot parisien (ben oui, je suis née au pied de Montmartre).



Zieutez le Zéphir qui fait le Zigotot avec ses Zigues, là bas au pays des Zouzous.
Il finira Zigouillé transpercé par un Zigomar.


 

mercredi 29 juin 2016

Y comme Y a t-il un pilote ?


Nieuport N28 C-1 1918 maquette
En faisant le point sur ce challenge 2016 et les hommes du rang cités, il me manque une arme. L'aviation. L'Armée de l'Air n'existe pas encore en 1914 (créée en 1934),  les premières écoles militaires d'aviation sont toutes récentes, nées en 1909.  Moins de 600 brevets de pilotes ont été attribués avant le 1er août 1914. Au cours des 4 années de guerre, c'est + 16 000 brevets de pilote qui seront attribués.

Ni Corps d'Armée spécifique, ni régiment, Ce sont des Groupes d'Aviation et Escadrilles qui forment de petites unités au service du renseignement, de l'Artillerie et du Génie. L'aviation militaire dépend encore de l'Armée de Terre.

Parmi les pilotes,  des officiers, sous officiers mais également des hommes du rang, tous volontaires, détachés d'une unité d'Artillerie, du Génie, de la Cavalerie.... Ils gardent le grade et l'uniforme de leur régiment dont ils appartiennent toujours administrativement.

Pour les hommes du rang qui nous intéresse, le soldat de 2e classe, peut être affecté à la maintenance de ces avions. Des écoles de mécaniciens et de conducteurs automobile sont créés, il faut aussi savoir conduire un avion au sol, ce qui n'est pas évident avec ces hélices !  Le soldat peut aussi être accepté dans l'une des écoles militaires de pilotage. Dès l'obtention du brevet, le pilote passe au grade de Caporal.


BONNAL Albert Jules Léon
Montauban (82) - † Prunay-le-Gillon (28)
Caporal-Pilote


Il est né à Montauban, le 6 octobre 1894, fils d'Alexandre Albert et de POCH Marguerite Antoinette Philomène. Domicilié faubourg du Moustier à Montauban,  Il est dessinateur, employé au Génie lors de son recrutement en 1914, mais ajourné pour faiblesse. Il sera finalement incorporé au 81e Régiment d'Infanterie le 9 septembre 1915, puis passera au 332e R.I. le 8 juin 1916. Mitrailleur breveté, il connaît les tranchées et les combats de l'Aisne (1915-1916), Verdun, les Eparges, Bois le prêtres. (1917). Il est nommé Caporal le 25 octobre 1917.


Citation à l'ordre du régiment le 1er juillet 1917
Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Albert passe dans l'Aviation le 25 décembre 1917 et le 12 février 1918 il est affecté au 1er Groupe d'Aviation à Dijon-Longvic . Elève-pilote, il y fera son instruction technique sur les moteurs et sur l'avion.

Il est détaché à l'Ecole d'Aviation d'Avord  le 14 mai.  Ecole de pilotage où il a probablement obtenu son brevet. Sa fiche matricule ne mentionne pas Châteauroux, sa fiche Mémoire des hommes y mentionne son passage entre Dijon et Avord.

Dirigé sur l'Ecole de Pau  le 30 juin 1918. Une fois breveté, le pilote est perfectionné (sur plusieurs types d'avion) et spécialisé. L'école de Pau spécialise dans les avions de chasse. Sa fiche sur mémoire des hommes nous informe qu'il est également passé par l'école Cazaux (école de tir aérien)  et enfin arrive au camp de Voves le 3 septembre 1918, annexe de Chartres.

Chaque pilote devait finir son instruction en moins de 6 mois. Avant de partir au front, il était affecté à des missions de convoyage.

Le 7 septembre 1918 Albert Jules Léon a 24 ans.  Lors d'un vol d'entrainement journalier, l'avion prend feu et tombe à pic de 150 m. Albert est tué sur le coup. Il n'aura pas eu l'occasion de retourner au front où il s'était distingué durant 3 années.


Bulletin paroissial Montauban 1918
Il est inscrit au monument aux morts de Montauban ainsi que sur le monument commémoratif du Collège Ingres.

Fiche Mémoire des Hommes
Unité 332e RI - détaché au 2e groupe d'Aviation

 
Fiche Mémoire des Hommes
Base des Personnels de l'aéronautique militaire

 


Sources :
Archives départementales du Tarn et Garonne; Fiche matricule Ici
Les débuts de l'Aviation : Ici
Les écoles militaires de pilotage 1911-1918 : Ici
Ecole de Cazaux tir aérien Ici


mardi 28 juin 2016

X Comme X (censuré)

Connaissez vous Mme Anastasie ?

C'est une vieille dame, revêche, armée de ciseaux géant, une chouette sur le dos. Son premier portrait date des années 1870, sous la plume d'un dessinateur de presse, André GIL (1840-1885)

L'Eclipse - n°299 - 19 juillet 1874
dessin d'André GIL

Elle symbolise la CENSURE.
Il existe toute forme de censure toujours appliquée pour de "bonnes causes", pour les bonnes mœurs ou pour  l'intérêt qu'il soit de la nation ou individuel. Il y a aussi l'autocensure, comme celle que j'ai appliquée sur la fiche de notre Joyeux (billet du 11 juin dernier).

Pendant la première Guerre Mondiale, Mme ANASTASIE a été très efficace avec ses grands ciseaux,  dans la presse mais aussi dans les courriers des poilus à leur famille. Le soldat ne pouvait pas, bien évidemment transmettre sa position au risque de donner des informations à l'ennemi, mais il ne devait pas non plus faire passer des idées pacifiques, ni dévoiler ses conditions de vies.

Archives départementales du Pas de Calais

A la CENSURE s'oppose bien naturellement la LIBERTE D'EXPRESSION.

Deux concurrents inséparables qui s'affrontent depuis des siècles, avec humour ou avec violence, ou les deux à la fois.

Je choisis avec humour le langage des tranchées, une expression libre et des mots qui ont traversé ce siècle et rejoint notre vocabulaire.
Revenons à notre Challenge, à notre soldat et plus particulièrement à son anatomie. N'en déplaise à Mme Anastasie et à ses bonnes mœurs.


Cliquer sur la photo pour une meilleure vue :-)



Dessin de Marko
(janvier 2015)


Sources :
Wikipédia
Gallica BNF






 

lundi 27 juin 2016

W comme Web

Depuis le 1er juin, cette lettre W me pose un gros problème.  Avec les lettres  K, X, Y, elle a formé une coalition qui faillit me faire abandonner mon challenge. Si je n'ai pas toutes les lettres à quoi bon !!!

Samedi 25 juin, 23h 57, j'ai enfin trouvé une idée.

Tout au long de ce challenge, pour chaque article, j'ai mentionné de très nombreux sites et blog du WEB. Je vais donc ici, vous faire un petit lexique des principaux sites qui vous permettrons de compléter les recherches sur vos aiëux qui ont participé à la 1ere guerre Mondiale.

! Pensez à cliquer sur les images pour une meilleure lecture

Les archives départementales

A l'exception de quelques irréductibles départements, tous on mis en ligne leur fiche matricule. La carte du site Généawiki nous donne un accès simplifié : Ici

Carte fiche matricule - Généawiki


Le Tarn et Garonne a terminé en juin l'indexation des 48 437 conscrits des classes 1887 à 1921, soit plus de 87 000 feuillets matricules. La recherche s'en retrouve du coup bien simplifiée. Le résultat est intéressant, un tableau ou une mini fiche avant l'accès direct à la fiche matricule. : Ici

AD Tarn & Garonne - Recherche fiche matricule

Le Chtimiste

Après un passage par la fiche matricule, qui vous aura donné quelques informations sur le (ou les) régiments de votre aïeul, voilà le site idéal pour vos premiers pas dans le monde de la généalogie militaire. Tout y est bien expliqué : les régiments, leur casernement, leur parcours, les batailles, les combats, des carnets de guerre...

Pour votre aïeul, pensez à bien noter le régiment, le casernement, mais également la Brigade, Division et Corps d'Armée dont il dépend. Cela peut être utile pour la suite :  Ici


Le Chtimiste - 11e Régiment d'Infanterie

 

Mémoire des Hommes

C'est le premier site incontournable et pas seulement pour rechercher un soldat Mort pour la France Ici -


Lien vers le site Mémoire des Hommes, à explorer ! Ici
Vous y trouverez également les JMO, Journaux des marches et opérations, carnets de comptabilité en campagne et journaux de bord et de navigation de toutes les unités militaires engagées durant la Première Guerre Mondiale.  Vous pouvez donc y consulter celui du régiment de votre AGP, et même, je vous le conseille pour des évènements précis, lisez le JMO de la Brigade ou de la Division. Ils peuvent y être relatés de façon différente.

On y trouve aussi les tableaux des pertes. Les pertes comprennent les soldats blessés, tués et disparus, tous ceux qui ne sont plus comptabilisés parmi les combattants. On peut donc y retrouver la blessure de son AAGP. Le grade et le matricule au corps (inscrit sur la fiche matricule en face de chaque régiment) peuvent être utiles.
 
Mémoire des Hommes JMO du 9e RCC
Mais si vous n'y trouvez pas votre aieul ne vous étonnez pas. Ces tableaux ont été faits dans "le feu de l'action" ou quelques jours après, ils n'y en a pas toujours et parfois on ne trouve qu'une petite information en fin de journée.

Les citations par contre peuvent être très intéressantes, même si on les a déjà lues dans la fiche matricule

Mémoire des Hommes - 11e RI octobre 1914

Les Historiques de régiments

Rédigé après guerre, l'Historique est à la fois le Mémoire et l'Hommage du Régiment à ses hommes. Il est intéressant à lire, il n'est plus écrit dans le feu de l'action, mais est une critique des évènements, bien après ceux-ci. Les sacrifices, les blessures, les morts ont maintenant une justification : la Victoire finale. Les tableaux d'Honneur des soldats morts pour la France donnent parfois des informations intéressantes telle qu'une compagnie, indispensable pour certains régiments.

On retrouve ses historiques sur Gallica BNF . Il faut souligner le Site de Jean-Luc DRON et ses contributeurs qui nous ont créé un outil rapide et facile pour notre recherche. Je l'utilise régulièrement.

Site de Jean Luc DRON  : Ici


Gallica BNF

Avec plusieurs millions de documents en ligne, la Bibliothèque Nationale de France est une mine d'or pour nos recherches. Mais attention à ne pas se perdre dans ses méandres. Nous y trouverons les Historiques de Régiments vus plus haut, les journaux et quotidiens d'époque, carnets de guerre, cartes. On peut y suivre les évènements au jour le jour, dans les quotidiens, ou du moins tels qu'ils y étaient rapportés et "vendus" aux familles.

N'hésitez pas à vous laisser porter au hasard d'un mot clef vers des découvertes surprenantes
Lien : Ici


"Le Matin" 27 juin 1916

Géoportail

Pour retrouver un lieu, cet outil est bien pratique car il permet de juxtaposer plusieurs cartes : Carte IGN actuelle et Carte d'Etat Major 1820-1866. Cette dernière est bien plus proche de la période qui nous intéresse, n'y figurant pas notamment les grandes voies de communication du 21e siècle.

Nous l'avons vu notamment dans le billet du 21 juin, lettre R

Lien : Ici


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Voilà pour les principaux sites qui vous permettrons de retrouver le parcours de votre Poilus, AAGP, Grand Oncle ou cousins.... Ajouter à cela les nombreux blogs spécialisés selon les régions, les régiments....

Mais non, je n'ai pas oublié le site victimes des guerres et Morts pour la France  : Mémorial Genweb...Ici  ...
j'en ai parlé aussi lors du ChallengeAZ 2015 Lien Ici
et il a encore beaucoup évolué ces 12 derniers mois, il y a même une application pour Smartphone.

Bonne recherche.
.

samedi 25 juin 2016

V comme Vitrier

Le Vitrier est le surnom du chasseur à pied.

Ce sont des soldats, souvent de petite taille, vif et bon tireur (Chtimiste) Son surnom viendrait de son havresac de cuir qu'il porte sur le dos,  trop bien astiqué, brillant comme le reflet d'une vitre porté à dos par le vitrier.  Ajouter à cela qu'en 1848, les chasseurs du 6e BCP ont tiré dans les vitres de Paris.... et voilà un  surnom.

Un surnom bien assumé jusque dans les tranchées avec ce journal du 4e BCP.



Un surnom que nous n'avons pas oublié. Qui n'a pas chanté ce refrain enfantin ?

"Encore un carreau d'cassé
V'là l'vitrier qui passe
Encore un carreau d'cassé,
V'là l'vitrier passé"

Il s'agit en fait du refrain d'un chant militaire datant de 1880, écrit par un Lieutenant du 5e BCP. (La protestation du chasseur) dont voici le premier couplet

"Nous sommes trente mille braves
Au képi sombre, au manteau bleu,
Et nous voyons même les zouaves
Derrière nous courir au feu.
Vous qui voulez qu’on nous supprime,
Qu’avez-vous à nous reprocher ?
En guerre, en paix, notre seul crime
C’est d’avoir su trop bien marcher.
Ne touchez pas au corps d’élite,
Chasseurs, chasseurs, pressons le pas,
Qu’on nous fasse marcher plus vite,
Mais qu’on ne nous supprime pas"
 
 
LAPORTE Jean Médéric
Saint-Michel - Merles - Lavit (82)
† Tranchée de l'Apana (Aisne)




Chasseur à pied d'Auguste Arnaud
Vincennes
Jean est né le 18 octobre 1883 à Saint-Michel, fils de Georges et de Marie DELASSUS. En 1903 lors de son recrutement, il est cultivateur, domicilié avec ses parents sur la commune de Merles (82)

Le cheveu et le sourcil bruns, yeux châtain, 1m61, sa petite taille ne l'enverra pas tout de suite dans un bataillon de Chasseur à pied (BCP), mais au 9e Régiment d'Infanterie où il fera son service du 15 novembre 1904 au 13 juillet 1907.

Il informera l'administration militaire de ses changements d'adresse, restant toujours dans la circonscription militaire d'Agen. à Castéra-Bouzet (03/1910), Lavit (12/1910) et à Puygaillard (12/1912)


Il est mobilisé le 12 août 1914 au 15e Régiment d'Infanterie et passe au 26e Bataillon de Chasseurs à pied le 6 octobre 1915.


Début 1917, le bataillon est au Chemin des Dames (Aisne) : Historique du 26e BCP 
"employé à l'organisation du secteur de l'Aisne entre Soupir et Moussy, occupe un certain temps les premières lignes et, pour l'attaque du 16 avril, se trouve être en seconde ligne dans le 6e corps"
"le 5 mai, jour de l'assaut qui doit nous donner le fameux plateau du Chemin des Dames, la mauvaise chance veut qu'il (le 26e BCP) soit en réserve et il a la destinée habituelle dans ce cas. Trois compagnies sont prêtées au 171e R.I. et prennent part à une attaque sur La Royère"
Il s'agit des 1er, 2e et 5e Compagnies.
C'est au cours d'un assaut, dans la tranchée de l'Apana, que le 5 mai 1917 Jean LAPORTE est blessé par éclat d'obus dans la poitrine. Il est cité à l'ordre du Bataillon et obtient à titre posthume la Croix de guerre avec étoile de Bronze.


Son acte de décès est transcrit à Lavit, commune où son nom figure sur les plaques du mémorial devant la mairie, ainsi que sur le Livre d'Or du ministère des pensions.
 
Mémorial de Lavit (82)
 
 
Source :
"Le 4e Vitrier" organe bimensuel des chasseurs de la classe 16 du 4e Bataillon de Chasseurs à Pied : Ici
Mémorial des Chasseurs à Vincennes (blog) : Ici
Historique du 26e BCP : Ici
Relevé Mémorial Genweb Monument de Lavit : Ici
Photothèque Mémorial Genweb Monument de Lavit : Ici 

vendredi 24 juin 2016

U comme Uhlan, Private, Tommies...


Le Uhlan : cavalier armé d'une lance dans les armées slaves et germaniques, similaire au lancier des armées françaises


Lance-Corporal : soldat de 1ere classe, notamment chez les Britanniques.
Private (soldat de 2e classe)


Tommies :  « TOMMY, n. masc. (1901, répandu 1914 ; empr. à l’angl. Tommy, dimin. de Tom, abrégé de Thomas, Thomas Atkins étant le nom traditionnel du simple soldat depuis 1815 dans les formules des règlements militaires).  (Forum page 14/18)

Sammies : les soldats américains sont surnommés ainsi en 1917, par comparaison avec les Tommies (plus anciens), les Sammies débarquant du pays de l'Oncle Sam (l'Amérique).

Cabo : revoilà  notre Caporal, mais en Italien.


On trouve des fantassins, "infanterist" (all.)  dragons, hussards, chasseurs, canonniers, fusilliers ou "rifleman" (angl.),  dans toutes les armées. Voici juste quelques noms de soldats, sortant un peu de l'ordinaire , mais toujours "dans le rang", des hommes qui ont combattu au côté de nos aïeux ou bien face à eux.


L'occasion aujourd'hui d'évoquer les autres soldats du conflit.
19 nations (+ leurs colonies) ont combattu, faisant près de 10 millions de morts, 20 millions de blessés. Des mots difficiles à comptabiliser. En chiffre c'est plus parlant ?

10 000 000 de morts
20 000 000 de blessés

Je parle rarement de grand chiffre dans mon blog, préférant évoquer une vie,  reconstruire la cellule familiale qui nous est plus proche.



 
 
John PERRIGO
Lance-Corporal


Twitter @SKnight1921 (avec son aimable autorisation)
cliquez sur l'image pour l'agrandir




En 1914, les britanniques ont une armée de professionnels.

2 500 0000 hommes se porteront volontaire. Ce n'est qu'en 1916 que le service armée devient obligatoire, (sauf pour l'Irlande).

4 000 000 d'hommes seront ainsi mobilisés au cours de ces 4 années de guerre.










Sur le site Mémorial Genweb on trouve de très nombreux relevés, de cimetières militaires, Mémorial, stèles, plaques commémoratives, à la mémoire des soldats étrangers  pour tous les conflits.

Dans un Carré Militaire du cimetière de Montauban reposent 135 soldats allemands, morts pendant leur captivité en France.

    Prisonnier allemand interrogé par un soldat français
Agence ROL - 1915
source : Gallica BNF 


 

jeudi 23 juin 2016

T comme Tringlot

Le Tringlot est le nom argotique du soldat du Train. Tout d'abord écrit trainglot, c'est un "savant" mélange des mots train (Train des équipages militaires) et tringle (mot argotique désignant le fusil).

Le soldat de 2e classe des E.T.E.M se nomme le Conducteur.

1914-1918 - Le Train est une arme constituée en Escadrons et chargée du transport du matériel, des munitions et du ravitaillement vers les troupes au front ou en cantonnement.  Il y a 1 escadron par Corps d'Armée, soit un total de 20.

le 17e E.T.E.M. (Escadron du Train des Equipages Militaire) est basé à Montauban.



DELSERRE Etienne
Valence - † Valence (82)




Eglise de Valence
Voilà un bien jeune soldat de la classe 1915, présent sur les plaques de Valence, sans fiche sur le site Mémoire des Hommes, "non" Mort pour la France, mais néanmoins mobilisé. Son parcours comme Tringlot sera de courte durée.

Né à Valence le 5 juin 1895, il est cultivateur, fils de Jean DELSERRE et de Jeanne PARIZE. Il est incorporé le 19 décembre 1914 au 78e Régiment d'Infanterie. C'est donc en fantassin qu'il débute.

Il est réformé (n°2) par la Commission spéciale de Guéret le 8 mars 1916 pour "surdité" et est affecté au 17e E.T.E.M le 9 juin. Le 13 juin il arrive au dépôt de Montauban.

Il est à nouveau réformé temporaire n°2 pour maladie antérieure à l'incorporation, (bronchique, laryngite bacillaire, amaigrissement marquée" par la Commission de Mirande, le 21 novembre 1916. Cinq semaines plus tard, le 29 décembre, il décède au domicile de ses parents à Valence.

 


38 conducteurs du Train des Equipages natifs du Tarn et Garonne sont inscrits sur le site Mémoire des Hommes. Parmi eux de nombreux réformés.
A contrario, de nombreux soldats initialement affectés dans les E.T.E.M en bonne santé ont été réaffectés dans l'Infanterie.


Les réformés et exemptés du service auxiliaire.
Les hommes réformés n°1 (des suites de blessures ou de maladie contractée en service) et les réformés n° 2 (maladie non imputable au service) sont versés dans les services auxiliaires. Ils sont souvent affectés dans les services du  Train des Equipages ou des Sections d'Infirmiers Militaires. Ils restent donc mobilisés tant que leur état de santé le permet, sans jamais aller au front.  Ils peuvent être réformés définitivement, ou au contraire, faire une demande pour rejoindre le service armé actif. C'est toujours la Commission de Réforme qui en prend la décision.



Sources :
Blog Fortiffsere : le 17e Corps d'Armée : Ici
Le parcours du combattant : Ici
Archives départementales du Tarn et Garonne. Fiche matricule

mercredi 22 juin 2016

S comme Sapeur

Le Sapeur est le surnom donné aux soldats du Génie.

Nous avons fait la connaissance du régiment du Génie avec le maître ouvrier (lettre O).
Les sapeurs étaient employés selon leur compagnie a des tâches particulières. Nous retrouvons donc parfois sur les fiches du site mémoire des hommes, JMO et Historique de Compagnies du Génie , les notions de sapeur-mineur, sapeur téléphoniste, sapeur pontonnier, sapeur cycliste... Voici les plus rencontrés : 

Creusement d'une sape (Wikipédia)
Sapeur téléphoniste : les Transmissions comme on les connaît aujourd'hui n'existe que depuis 1942. Cette tâche pourtant existe depuis très longtemps et ce sont les sapeurs du Génie qui s'y employaient. C'est le 8e Régiment de Génie qui fournit ces compagnies spécialisées dans la téléphonie, télégraphie mais aussi colombophile.

Sapeur mineur : ce soldat travaillait sous terre. Il était chargé du creusement de tunnel menant sous les lignes ennemies, puis d'y installer des charges explosives. Chaque pays belligérant avait sa technique et l'on s'épiait ou plutôt on "s'écoutait". De nombreux témoignages parlent de ces sapes, de leur creusement, un long travail pénible, et de leur explosion, terrible, dévastateur, meurtrier.


Sapeur pontonnier : au cours de la 1ere guerre mondiale, ces compagnies sont rattachées au 3e Régiment du Génie. Les sapeurs sont chargés de la construction des ponts pour le franchissement des cours d'eau.


Historique 3e RG, Cie 1/1 (septembre 1914)


Mais ne vous m'éprenez pas, le sapeur n'est pas qu'ouvrier. Il combat aussi, tiens sa position, prend les armes pour venir en aide à l'Infanterie lorsqu'une brèche est ouverte à l'ennemie.


LACOSTE Germain Louis
Caporal, 8e RG, 1ere compagnie télégraphiste, 6e Section
Moissac - Saint-Paul-d'Espis -
† Saint-Paul-d'Espis

Il est né à Moissac le 16 juin 1891, mécanicien, fils d'Antoine Jean LACOSTE et de Françoise MIRAMONT. Lors de son recrutement en 1911 ses parents sont domiciliés à Saint-Paul d'Espis.

Après un service armé  au 7e régiment d'Infanterie, il est affecté à compter du 28 septembre 1913 au  8e Régiment de Génie et "désigné pour faire partie d'un détachement du Maroc occidental".  Il est décoré de la Médaille coloniale agrafe Maroc par décret du 28 avril 1914 -  Il restera au Maroc jusqu'au 11 novembre 1914.  Cette campagne compte double (CD)*

Historique 8e RG - Gallica BNF -
effectif au 30 septembre 1914

Sa fiche matricule précise qu'il est en France aux armées (CD) du 12 novembre 1914 au 12 octobre 1918. Il est nommé Caporal le 5 juillet 1917.

Dérouler des câbles dans les tranchées, sous la mitraille, creuser suffisamment profond pour les protéger des obus, rétablir la liaison indispensable qui sauvera peut-être la vie de toute une compagnie d'Infanterie.... tel est le travail ingrat et difficile du sapeur téléphoniste.

Historique 8e RG - Gallica BNF


C'est au cours d'une permission chez ses parents  à Saint-Paul-d' Espis qu'il décède le 12 octobre 1918. La fiche matricule ne donne aucune information sur les causes du décès. Sa fiche sur le site Mémoire des hommes le déclare "non mort pour la France", des suites de maladies non contractée en service.

Nous pensons bien évidemment tout de suite à la grippe espagnole ! C'est très probable. De nombreux soldats morts de la grippe au cours de leur permission ne seront pas reconnus "Mort pour la France", alors que d'autres le seront car mort en casernement ou au front. Injustice pour les familles  - et pour ce soldat de la classe 1911, sous les drapeaux depuis 6 ans.  Quoiqu'il en soit, j'ai noté avoir vu la mention inscrite sur l'acte de décès (!?)

Il est inhumé au cimetière du hameau de Piac, inscrit sur le monument de ce hameau et sur celui du village de Saint-Paul-d'Espis



Sources :
Wikipédia
Archives départementales du Tarn et Garonne
Historique des Régiments : Gallica BNF
Excavatrice électrique pour tranchées et boyaux de communications (Gallica BNF), pour en savoir plus : Ici   (page 736 à  .....) Recherches et Inventions document de 1920

Nota : CD, compte double. Une campagne est comptée double quant un soldat est au front. Ce calcul est pris en charge lors des pensions versées aux anciens combattant ou pour la pension aux familles.